Le jour des morts / Nicolas Lebel

C’est un auteur que je n’avais pas encore lu . En 2013, il publie aux Éditions Marabout « L’Heure des fous », en 2014, « Le Jour des morts », en 2015, « Sans pitié, ni remords » puis, en 2017, « De cauchemar et de feu », quatre romans policiers caustiques où histoire, littérature et actualités se mêlent, des romans noirs qui interrogent et dépeignent la société française contemporaine avec humour et cynisme, dont le ton est souvent engagé, et le propos toujours humaniste.  ( source babelio).

Ces trois romans mettent en scène le capitaine Mehrlicht. J’ai bien aimé même si il y a une scène improbable…On rit, mais pas seulement. Nicolas Lebel  nous met le nez sur les mesquineries et cruautés humaines, à dénoncer les travers de la société, à taper sur les politiques véreux (corruption, népotisme) et tous ceux qui leur mangent dans la main. C’est sûr je relirais avec plaisir cet auteur!

Résumé :
Paris à la Toussaint. Le capitaine Mehrlicht, les lieutenants Dossantos et Latour sont appelés à l’hôpital Saint-Antoine: un patient vient d’y être empoisonné. Le lendemain, c’est une famille entière qui est retrouvée sans vie dans un appartement des Champs-Élysées. Puis un couple de retraités à Courbevoie…
Tandis que les cadavres bleutés s’empilent, la France prend peur: celle qu’on surnomme bientôt l’Empoisonneuse est à l’œuvre et semble au hasard décimer des familles aux quatre coins de France depuis plus de quarante ans. Les médias s’enflamment alors que la police tarde à arrêter la coupable et à fournir des réponses : qui est cette jeune femme d’une trentaine d’années que de nombreux témoins ont croisée ? Comment peut-elle tuer depuis quarante ans et en paraître trente ? Surtout, qui parmi nous sera sa prochaine victime ? Dans la tornade médiatique et la vindicte populaire, chacun reconnaît la tueuse : elle est une voisine, une sœur, une ex, et la chasse aux sorcières s’organise. Mais derrière l’Empoisonneuse, c’est la Mort elle-même qui est à l’œuvre, patiente et inexorable : nul ne lui échappera.
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La dernière fugitive – Tracy Chevalier

Résumé :
Quand Honor Bright se décide à franchir l’Atlantique pour accompagner, au cœur de l’Ohio, sa sœur promise à un Anglais fraîchement émigré, elle pense pouvoir recréer auprès d’une nouvelle communauté le calme de son existence de jeune quaker : broderie, prière, silence. Mais l’Amérique de 1850 est aussi périlleuse qu’enchanteresse ; rien dans cette terre ne résonne pour elle d’un écho familier. Sa sœur emportée par la fièvre jaune à peine le pied posé sur le sol américain, Honor se retrouve seule sur les routes accidentées du Nouveau Monde. Très vite, elle fait la connaissance de personnages hauts en couleur. Parmi eux, Donovan, «chasseur d’esclaves», homme brutal et sans scrupules qui, pourtant, ébranle les plus profonds de ses sentiments. Mais Honor se méfie des voies divergentes. En épousant un jeune fermier quaker, elle croit avoir fait un choix raisonnable. Jusqu’au jour où elle découvre l’existence d’un «chemin de fer clandestin», réseau de routes secrètes tracées par les esclaves pour rejoindre les terres libres du Canada.

Portrait intime de l’éclosion d’une jeune femme, témoignage précieux sur les habitudes de deux communautés méconnues – les quakers et les esclaves en fuite –, La Dernière Fugitive confirme la maîtrise romanesque de l’auteur du best-seller La Jeune Fille à la perle.

Tracy Chevalier explore ici les coutumes de la Société Religieuse des Amis plus connue sous le nom de Quakers, ainsi que les petits secrets de confection des quilts (avec un Q je vous prie), ces courtepointes en patchwork caractéristiques des communautés anglo-saxonnes dès le XVIIIème siècle. Il est aussi amplement question du fameux « underground railroad » (chemin de fer clandestin), réseau de bonnes âmes qui, quinze ans avant l’abolition de l’esclavage, aida les esclaves en fuite à gagner le Canada ou les états abolitionnistes du nord.
Ca, c’est instructif par sa réalité historique mais sinon je me suis ennuyée au tout début, me demandant si j’allais continué ma lecture.

Violette Morris BD

Violette Morris est l’une des sportives françaises les plus titrées de l’histoire. Une championne toutes catégories : boxe, natation, football, athlétisme, course automobile. Elle devint chanteuse de cabaret et égérie des années 30, amie de Jean Cocteau, de Joséphine Baker, de Brassaï… Le 26 avril 1944, elle meurt dans une embuscade organisée par un groupe de résistants qui mitraille sa voiture. Était-ce elle qui était visée par les maquisards ? Tout porte à le croire. Car sous l’Occupation, elle passe pour « la hyène de la Gestapo », une collabo au service de l’Allemagne nazie.
Voilà pour la légende. Une légende noire. Mais la réalité, quelle est-elle ? L’assassinat de cette « femme à abattre par tous moyens » ne cache-t-il pas autre chose ? Hors norme, sa personnalité est celle d’une femme impossible à enfermer en cases, son histoire est inouïe, son destin forcément tragique !

Je viens de lire ce premier tome de cette BD ;  un récit de Bertrand Galic et Kris. Dessin de Javi Rey.  A la fin,  un dossier historique de Marie-Jo Bonnet fort instructif…

https://blog.francetvinfo.fr/popup/2018/10/19/bd-semaine-selection-top-violette

Gandhi, l’homme qui refusait la violence/ Jean François

Commentaire descriptif

Composé en deux parties, ce livre présente un récit de la vie de Gandhi sous une forme fictive, suivi d’une dossier historique.

Campé dans l’Inde d’aujourd’hui, le récit met en scène la rencontre d’un touriste français et d’un avocat indien ayant lutté auprès de Gandhi. Le récit prend la forme d’un témoignage qui évoque la vie personnelle du personnage, notamment son engagement social.

Le texte décrit les premiers combats de Gandhi contre l’injustice en Afrique du Sud; sa création d’une communauté de vie spirituelle, égalitaire et pacifiste; son retour en Inde, donnant cours à ses interventions pour défendre l’indépendance de l’Inde, à la cohabitation pacifique des religions et à l’abolition de l’intouchabilité.

Le livre présente un portrait général du personnage, mettant en avant son principe de résistance non violente, son sens de l’organisation et de la communication, ses multiples modes d’intervention (diplomatie, grèves, marches, protestations, grève de la faim, etc.) et son impact sur la scène internationale.

Admiratif et élogieux, le narrateur souligne tout de même les erreurs de jugement du personnage. Le texte, au ton factuel, est nuancé et informatif. Le dossier historique présente de courts textes sur la chronologie de la vie de Gandhi, l’Inde coloniale, la société indienne et la philosophie de Gandhi. Un lexique complète l’ouvrage.

Mon avis : J’ai appris beaucoup sur Gandhi , c’est simple et clair même s’il faut aller à la fin du livre pour certains mots. Cela m’a amusé de voir que ce livre pouvait être lu à partir de   9 ans!

Les poissons ne connaissent pas l’adultère – Carl Aderhold

Un petit article car ça fait presqu’un an que je ne suis pas venue sur ce blog…

Il a suffi d’un cadeau d’anniversaire loufoque pour que, la veille de ses quarante ans, Valérie éprouve le besoin d’échapper à sa vie de femme mariée, de caissière…

Elle n’imagine pas à quel point ce Paris-Toulouse va bouleverser sa vie. Dans son wagon, elle fait la connaissance de Colette, une mamie décapante qui vit six mois à Paris et six mois à Gourdon, qui a le coeur entre deux hommes. Et puis il y a deux jeunes couples qui semblent se supporter plus qu’autre chose qui vont à un colloque, un contrôleur qui décide de rendre son métier plus humain, une formation de choristes rock’n roll, un sourd-muet, un dragueur insupportable, une femme bafouée et humiliée..

Quand elle monte dans ce train, elle n’imagine pas à quel point ce Paris-Toulouse va bouleverser sa vie. Leurs vies à tous. Parce qu’au delà des banalités échangées, il y a des hommes et des femmes à la croisée des chemins, qui vont se révéler, qui vont surtout révéler leur humanités et ses magnifiques faiblesses…

Et quand Vincent pose son regard sur elle, elle est heureuse.

https://www.livredepoche.com/livre/les-poissons-ne-connaissent-pas-ladultere-9782253157328

Entre deux mondes d’Olivier Norek

Roman policier ou roman de société, je ne saurais le dire, les deux certainement. Il y a tant d’humanité dans ce roman, tant de mains tendues, que cela fait du bien, même si le coeur est lourd. Il n’y a surtout pas de parti pris, pas de manichéisme. Il n’est pas question de juger mais de poser des questions et d’ouvrir des pistes de réflexion…

Le premier chapître…Waahou! J’ai arrêté de lire me disant que je ne pouvais pas continuer avant de m’endormir.

Résumé  de Michel Lafon:

Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.

Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger.

https://www.ladepeche.fr/article/2017/10/22/2670476-entre-deux-mondes-livre-choc-d-olivier-norek.html

Triste Amérique / Michel Floquet

Résumé :
Il y a deux amérique. Celle du mythe, de la liberté, de la musique, de la chance offerte à chacun. De la Silicon Valley, de Manhattan, de Google, de Facebook, de Wall Street et d’Hollywood.
Et l’autre amérique? Un pays qui consacre la moitié de son budget à l’armée, en perdant toutes ses guerres. Où un enfant sur quatre mange à la soupe populaire. Où l’on compte, proportionnellement, plus de prisonniers qu’en Chine ou en Corée du Nord. Où des vieillards paralytiques purgent des peines de 150 ans. Où, chaque jour, plus de 30 personnes sont abattues par arme à feu. Où les études coûtent 40 000 dollars par an, induisant une reproduction sociale sans égale. Où l’impôt taxe les plus riches de 15 % et les plus modestes de 25 ou 30 %. Une démocratie dominée par deux partis qui dépenseront 7 milliards de dollars lors de l’élection de 2016 pour continuer à se partager le pouvoir. C’est cette triste Amérique que dépeint Michel Floquet. Un pays qu’il a parcouru pendant cinq ans, saisi par son éloignement de l’Europe, son continent d’origine. Et l’on réalise qu’au XXIe siècle, les États-Unis ont dévoré l’Amérique tant admirée.
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Un peu plus loin, Floquet raconte comment une petite ville de l’Oklahoma est saisie par la folie du gaz de schiste. On y saccage le paysage en toute impunité et sans se poser de questions puisqu’après tout c’est de l’or qu’on cherche et que cela vaut bien qu’on martyrise la terre. Le journaliste raconte la vie quotidienne dans ces ghettos où l’on vit entre riches, entre Blancs, entre vieux, etc., et comment le lien social se dénoue petit à petit sur fond d’inégalités et de tensions sociales et raciales.
Une présentation des Etats-Unis comme on en a peu l’habitude. L’autre visage, celui qu’on soupçonne mais qu’on ne voit jamais tout à fait. Facile et rapide à lire, cet essai nous donne une grille de lecture qui permet de décoder l’élection récente de Donald Trump et l’échec des huit années d’Obama. Une démocratie qui n’en est peut être plus tout à fait une. L’individualisme se fait la part belle!

Les hirondelles

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Les hirondelles

Le long des fils télégraphiques

les hirondelles en habit

tiennent leur conciliabule d’automne.

Les froids sont venus, et le vent

maintenant tous les jours souffle du nord.

« Sacré pays, disent-elles, les petites hirondelles

serrées et pelotonnées sur leur fil,

il va falloir émigrer encore !

Adieu, chère vallée où les moustiques étaient si bons !

Quels bons repas de moucherons nous avons faits !

Quel bel été nous avons eu ! Comme nous avons bien ri !

bien crié, bien volé et virevolté dans ce ciel !

Comme elle était douce sa lumière, comme il était léger

l’air de Seine-et-Oise !

À présent, c’est fini, il nous faut partir ;

nous attraperions des rhumatismes dans ces brumes,

et pour vivre il nous faudrait voler si bas, au ras du sol comme les hommes !

Adieu, chers hôtes du hangar et de la grange,

adieu, cochons inoffensifs, et toi brave chien qui sait que nous ne sommes pas comestibles ;

adieu, vilain chat qui aurait tant voulu avoir des ailes

pour nous courir après dans l’azur et piller nos nids.

Adieu, le fermier et le fermière !

Ne démolissez pas nos nids de boue et de brindilles bien tressées.

Au revoir, pauvres amis ! nous penserons à vous en Égypte,

et nous reviendrons l’année prochaine.

N’ayez pas trop froid dans ce sale hiver. »

Émile Henriot