Jonquilles

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La terre a mis sur ses épaules rondes

Sa mantille d’abeilles

Il n’est pas un oiseau au monde

Qui ne parle avec le soleil.

On entend rire les fontaines

Sur leur lit de pommes de pin

Et mille rondes enfantines

Se nouer au bord des chemins

Déjà les jonquilles en fleur

Frissonnent dans les mains du vent.

il n’est pas de bonheur plus grand

Que d’écouter battre son coeur

Maurice Carême

 

Le violoniste /Mechtild Borrmann

Après un concert particulièrement applaudi, en 1948, dans la Russie stalinienne, Ilja Grencko est arrêté dans sa loge et conduit au siège du KGB (« la Loubianka »).

Un officier nommé Kourov l’accuse d’avoir préparé sa fuite à l’ouest. Ilja comprend vite que ce n’est qu’un prétexte, mais pourquoi l’emprisonne-t-on, il l’ignore. Le voilà parti pour le Goulag travailler dans une mine de charbon. On suppose  que c’est pour s’emparer de son violon (un Stradivarius très précieux) que le KGB est intervenu, mais qui est derrière tout cela, qui voulait sa chute et son violon?

Galina sa femme est déportée avec ses deux petits garçons au Kazakhstan, la famille est laminée. Ilja ne reverra jamais sa femme et ses enfants, qui auront bien du mal à s’en sortir.

Soixante ans plus tard, en 2008, il ne reste plus qu’un descendant Grencko : Sacha petit fils du violoniste, vit en Allemagne, à Cologne, et travaille pour le compte d’une société spécialisée dans les systèmes informatiques de sécurité pour la protection des particuliers, et d’espionnage de nature économique. L’émigration de sa famille ne leur a pas porté chance.

Ses parents sont morts dans un accident de voiture lorsqu’il était petit, son oncle a succombé à un accident lui aussi, et sa sœur Vika, qui avait réclamé son aide d’urgence, vient d’être assassinée sous ses yeux à Munich dans le café où elle jouait du piano de jazz.

L’enquête de Sacha pour savoir la vérité sur tous les malheurs qui ont décimé sa famille, va le ramener à Moscou ; en passant par diverses villes d’Allemagne. Il comprend vite que les membres de sa famille ayant trouvé la mort, avaient juste avant déposé une demande officielle à Moscou au ministère de la sécurité intérieure pour réclamer que l’on recherche le Stradivarius…

Le cheminement de Sacha est cohérent, bien mené, et il n’y rien d’invraisemblable dans la solution de l’affaire (dans un polar c’’est assez rare pour être souligné…) en alternance nous suivons les destins d’Ilja au Goulag et de Galina et ses enfants en déportation. On plonge une fois de plus dans un récit qui nous mène au cœur du régime totalitaire stalinien et de ses horreurs.

Je n’ai pas fini ce livre mais pour l’instant je l’ai dévoré!

 

La neige

Alfred de Vigny naquit en Touraine à Loches le 27 mars 1797.

Dès février 1799, accompagné de ses parents, Léon-Pierre de VIGNY (ancien militaire) et Marie-Jeanne née de Baraudin, il s’installe à Paris où il résidera à l’Élysée, ancien hôtel particulier reconverti à l’époque en appartements. À dix ans, il entre à l’Institution Hix ; fils unique après le décès de ses trois frères, sa confrontation avec les autres enfants lui fera déclarer : « Le temps le plus malheureux de ma vie, fut celui du collège », puis il fréquente le lycée Bonaparte (actuel lycée Condorcet). À seize ans il embrasse une carrière militaire (pour satisfaire l’ambition de ses parents) puisqu’il souhaitait préparer Polytechnique et commençait déjà à écrire des vers.

En 1918, est publié son premier poème : > Le Bal . Au mois de mars 1822 sort en librairie son premier recueil intitulé « Poèmes » qui passe inaperçu.

En 1823, il compose « La neige » :

« Qu’il est doux, qu’il est doux d’écouter des histoires,
Des histoires du temps passé,
Quand les branches d’arbres sont noires,
Quand la neige est épaisse et charge un sol glacé !
Quand seul dans un ciel pâle un peuplier s’élance,
Quand sous le manteau blanc qui vient de le cacher
L’immobile corbeau sur l’arbre se balance,
Comme la girouette au bout du long clocher !

(…) ».

(publié dans « Poèmes antiques et modernes ») J’ai mis juste la première strophe.

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Le matin des étrennes

 

Le matin des étrennes

Ah ! quel beau matin, que ce matin des étrennes !
Chacun , pendant la nuit, avait rêvé des siennes
Dans quel songe étrange où l’on voyait joujoux,
Bonbons habillés d’or, étincelants bijoux,
Tourbillonner, danser une danse sonore,
Puis fuir sous les rideaux,puis reparaître encore !
On s’éveillait matin, on se levait joyeux ,
La lèvre affriandée, en se frottant les yeux …
On allait, les cheveux emmêlés sur la tête,
Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête,
Et les petits pieds nus effleurant le plancher,
Aux portes des parents tout doucement toucher …
On entrait ! …puis alors les souhaits … en chemise,
Les baisers répétés, et la gaieté permise !

Arthur Rimbaud

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Ma chienne de Victor Hugo

Ma chienne, la Chougna, n’est pas, certes une bête !
Nous rentrons. Sous mes mains fourrant sa grosse tête,
Elle sent un sermon venir et se tient coi.
Je la prends par l’oreille, et je lui dis : – Pourquoi
Te comportes-tu mal, Chougna, devant le monde ?
Pourquoi, quand nous sortons, -il faut que je te gronde !-
Cours-tu, jappant, hurlant, à travers les buissons,
Après les jeunes chiens et les petits garçons ?
Pourquoi ne vois-tu pas un coq sans le poursuivre ?
Si bien que, moi, j’ai l’air d’avoir une chienne ivre !
Cela nous fait mal voir, les gens sont irrités.
Je te connais beaucoup de bonnes qualités,
Fidèle, réservée, intelligente, affable ;
Mais vraiment, quand tu sors, tu n’es pas raisonnable !    

 

    Victor Hugo

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Poésie apprise en CE1 que j’avais beaucoup apprécié!

Soirs d’automne

Voici que la tulipe et voilà que les roses,
Sous le geste massif des bronzes et des marbres,
Dans le Parc où l’Amour folâtre sous les arbres,
Chantent dans les longs soirs monotones et roses.
Dans les soirs a chanté la gaîté des parterres
Où danse un clair de lune en des poses obliques,
Et de grands souffles vont, lourds et mélancoliques,
Troubler le rêve blanc des oiseaux solitaires.
Voici que la tulipe et voilà que les roses
Et les lys cristallins, pourprés de crépuscule,
Rayonnent tristement au soleil qui recule,
Emportant la douleur des bêtes et des choses.
Et mon amour meurtri, comme une chair qui saigne,
Repose sa blessure et calme ses névroses.
Et voici que les lys, la tulipe et les roses
Pleurent les souvenirs où mon âme se baigne.
Emile Nelligan
Poésies complètes

 

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Alcest Autre temps

Une prière lointaine que porte le vent du soir
Anime les feuilles dans leur danse alanguie.
C’est le chant des vieux arbres entonné pour toi,
Pour ces bois obscurs maintenant endormis.
Sans nous attendre tant de saisons ont passé;
Les feuilles dorées s’en allant mourir à terre
Renaîtront un jour sous un ciel radieux,
Mais notre monde érodé restera le même
Et demain toi et moi serons partis.
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