Entre deux mondes d’Olivier Norek

Roman policier ou roman de société, je ne saurais le dire, les deux certainement. Il y a tant d’humanité dans ce roman, tant de mains tendues, que cela fait du bien, même si le coeur est lourd. Il n’y a surtout pas de parti pris, pas de manichéisme. Il n’est pas question de juger mais de poser des questions et d’ouvrir des pistes de réflexion…

Le premier chapître…Waahou! J’ai arrêté de lire me disant que je ne pouvais pas continuer avant de m’endormir.

Résumé  de Michel Lafon:

Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.

Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger.

https://www.ladepeche.fr/article/2017/10/22/2670476-entre-deux-mondes-livre-choc-d-olivier-norek.html

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Triste Amérique / Michel Floquet

Résumé :
Il y a deux amérique. Celle du mythe, de la liberté, de la musique, de la chance offerte à chacun. De la Silicon Valley, de Manhattan, de Google, de Facebook, de Wall Street et d’Hollywood.
Et l’autre amérique? Un pays qui consacre la moitié de son budget à l’armée, en perdant toutes ses guerres. Où un enfant sur quatre mange à la soupe populaire. Où l’on compte, proportionnellement, plus de prisonniers qu’en Chine ou en Corée du Nord. Où des vieillards paralytiques purgent des peines de 150 ans. Où, chaque jour, plus de 30 personnes sont abattues par arme à feu. Où les études coûtent 40 000 dollars par an, induisant une reproduction sociale sans égale. Où l’impôt taxe les plus riches de 15 % et les plus modestes de 25 ou 30 %. Une démocratie dominée par deux partis qui dépenseront 7 milliards de dollars lors de l’élection de 2016 pour continuer à se partager le pouvoir. C’est cette triste Amérique que dépeint Michel Floquet. Un pays qu’il a parcouru pendant cinq ans, saisi par son éloignement de l’Europe, son continent d’origine. Et l’on réalise qu’au XXIe siècle, les États-Unis ont dévoré l’Amérique tant admirée.
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Un peu plus loin, Floquet raconte comment une petite ville de l’Oklahoma est saisie par la folie du gaz de schiste. On y saccage le paysage en toute impunité et sans se poser de questions puisqu’après tout c’est de l’or qu’on cherche et que cela vaut bien qu’on martyrise la terre. Le journaliste raconte la vie quotidienne dans ces ghettos où l’on vit entre riches, entre Blancs, entre vieux, etc., et comment le lien social se dénoue petit à petit sur fond d’inégalités et de tensions sociales et raciales.
Une présentation des Etats-Unis comme on en a peu l’habitude. L’autre visage, celui qu’on soupçonne mais qu’on ne voit jamais tout à fait. Facile et rapide à lire, cet essai nous donne une grille de lecture qui permet de décoder l’élection récente de Donald Trump et l’échec des huit années d’Obama. Une démocratie qui n’en est peut être plus tout à fait une. L’individualisme se fait la part belle!

Les hirondelles

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Les hirondelles

Le long des fils télégraphiques

les hirondelles en habit

tiennent leur conciliabule d’automne.

Les froids sont venus, et le vent

maintenant tous les jours souffle du nord.

« Sacré pays, disent-elles, les petites hirondelles

serrées et pelotonnées sur leur fil,

il va falloir émigrer encore !

Adieu, chère vallée où les moustiques étaient si bons !

Quels bons repas de moucherons nous avons faits !

Quel bel été nous avons eu ! Comme nous avons bien ri !

bien crié, bien volé et virevolté dans ce ciel !

Comme elle était douce sa lumière, comme il était léger

l’air de Seine-et-Oise !

À présent, c’est fini, il nous faut partir ;

nous attraperions des rhumatismes dans ces brumes,

et pour vivre il nous faudrait voler si bas, au ras du sol comme les hommes !

Adieu, chers hôtes du hangar et de la grange,

adieu, cochons inoffensifs, et toi brave chien qui sait que nous ne sommes pas comestibles ;

adieu, vilain chat qui aurait tant voulu avoir des ailes

pour nous courir après dans l’azur et piller nos nids.

Adieu, le fermier et le fermière !

Ne démolissez pas nos nids de boue et de brindilles bien tressées.

Au revoir, pauvres amis ! nous penserons à vous en Égypte,

et nous reviendrons l’année prochaine.

N’ayez pas trop froid dans ce sale hiver. »

Émile Henriot

Le temps des vacances

C’est le temps béni des vacances.
Le vent fait des noeuds d’hirondelles.
Le jour est rond comme une amande.
Tout le village sent le miel.
Le soleil a pendu sa lampe
Juste au-dessus des vaches blanches
Etonnées de n’avoir plus d’ombre,
Mais les prairies qui, près du bois,
Tremblent doucement sous leurs poids
N’ont jamais été si profondes.

Maurice Carême.

Et lorsque j’étais gamine, mes parents m’avaient appris cette chanson:

Gai, gai l’écolier c’est demain les vacances

Gai, gai l’écolier, c’est demain que j’partirai.

J’irais chez mon grand-père , Manger des pomm’ de terre

Des haricots pourris Mangés par les souris…

Mais je vous rassure je mangeais bien chez mes grands-parents!

Et il y avait :

 

La rose blanche

Contexte historique

Au cours du Troisième Reich, le régime nazi vise à endoctriner et encadrer la jeunesse allemande en créant des organisations réservées à celle-ci. Parmi ces organisations, on peut citer en particulier le Deutsches Jungvolk pour les 10-14 ans et les jeunesses hitlériennes pour les 14-18 ans. L’adhésion à ces organisations est obligatoire en Allemagne à partir de 1939. Inge Scholl, témoin privilégié de la résistance, car sœur aînée de l’un des fondateurs du mouvement, montre dans son livre la Rose Blanche la fascination que pouvaient générer ces communautés sur les jeunes Allemands :

« Autre chose nous séduisit, qui revêtait pour nous une puissance mystérieuse : la jeunesse défilant en rangs serrés, drapeaux flottants, au son des roulements de tambour et des chants. Cette communauté n’avait-elle pas quelque chose d’invincible ? »

Malgré un important mouvement d’exil dans les années 1930, des intellectuels antinazis continuent d’exprimer clandestinement leurs convictions sous le Troisième Reich. Dans le milieu universitaire, la survivance de l’esprit critique incite les étudiants à remettre en cause les principes autoritairement inculqués dans les organisations de jeunesse officielles. Tout en participant aux jeunesses hitlériennes, Hans et Sophie Scholl sont membres d’une autre organisation, la Bündische Jugend (de), interdite par le régime. À mesure que l’autoritarisme se renforce, les futurs membres de la Rose Blanche, venant en grande partie de la jeunesse étudiante de Munich, prennent conscience de la nécessité de réagir. Ils réfutent l’idée d’obéissance aveugle et mettent en avant la conscience morale des individus responsables. « Tout peut être sacrifié au plus grand bien de l’État, tout, sauf ce que l’État doit servir », peut-on lire dans le premier tract. La philosophie du mouvement se place résolument à l’opposé du nazisme en proclamant la primauté de l’être humain sur l’entité collective abstraite. Source wiki.

 

La Rose blanche est fondée au printemps 1942 dans un atelier de peinture de Munich, par Hans Scholl et Alexander Schmorell. Ce fut d’abord Hans Scholl qui prit l’initiative de distribuer des tracts dans leur lycée, sans prévenir ses compagnons, puis ils décidèrent d’agir en commun. Les jeunes étudiants refusent le totalitarisme sous la coupe duquel se trouve alors l’Allemagne du Troisième Reich et veulent sauvegarder leur indépendance face à la menace nazie. La majorité des étudiants sont catholiques, Alexandre Schmorell est orthodoxe. Hans Scholl a en particulier été inspiré par des sermons de Mgr Von Galen, évêque de Münster, qui s’est élevé contre les assassinats de malades mentaux (Aktion T4) et les atteintes faites à l’Église. Hans et Sophie Scholl, protestants, sont par ailleurs profondément croyants.

Ils discutent de la situation politique avec Kurt Huber, professeur à l’université de Munich, réputé pour ses cours de philosophie qui influencent beaucoup d’étudiants. Kurt Huber, d’abord opposé à l’idée de révolte envers un pays qu’il aime, finit par appuyer totalement ses élèves qui ont fondé la Rose blanche. Révoltés par la dictature hitlérienne et les souffrances causées par la guerre, les étudiants décident d’agir pendant l’été.

Je viens de lire la rose blanche d’Inge Aicher-Scholl puis j’ai regardé Mickey 3D qui en a fait une chanson avec une jolie vidéo et des images extraites du film « Le ballon rouge » d’Albert Lamorisse (1956) .https://youtu.be/9dLH5gO2DWs

Il y a un film SOPHIE SCHOLL LES DERNIERS JOURS  http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=59719.html

 

Jonquilles

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La terre a mis sur ses épaules rondes

Sa mantille d’abeilles

Il n’est pas un oiseau au monde

Qui ne parle avec le soleil.

On entend rire les fontaines

Sur leur lit de pommes de pin

Et mille rondes enfantines

Se nouer au bord des chemins

Déjà les jonquilles en fleur

Frissonnent dans les mains du vent.

il n’est pas de bonheur plus grand

Que d’écouter battre son coeur

Maurice Carême

 

Le violoniste /Mechtild Borrmann

Après un concert particulièrement applaudi, en 1948, dans la Russie stalinienne, Ilja Grencko est arrêté dans sa loge et conduit au siège du KGB (« la Loubianka »).

Un officier nommé Kourov l’accuse d’avoir préparé sa fuite à l’ouest. Ilja comprend vite que ce n’est qu’un prétexte, mais pourquoi l’emprisonne-t-on, il l’ignore. Le voilà parti pour le Goulag travailler dans une mine de charbon. On suppose  que c’est pour s’emparer de son violon (un Stradivarius très précieux) que le KGB est intervenu, mais qui est derrière tout cela, qui voulait sa chute et son violon?

Galina sa femme est déportée avec ses deux petits garçons au Kazakhstan, la famille est laminée. Ilja ne reverra jamais sa femme et ses enfants, qui auront bien du mal à s’en sortir.

Soixante ans plus tard, en 2008, il ne reste plus qu’un descendant Grencko : Sacha petit fils du violoniste, vit en Allemagne, à Cologne, et travaille pour le compte d’une société spécialisée dans les systèmes informatiques de sécurité pour la protection des particuliers, et d’espionnage de nature économique. L’émigration de sa famille ne leur a pas porté chance.

Ses parents sont morts dans un accident de voiture lorsqu’il était petit, son oncle a succombé à un accident lui aussi, et sa sœur Vika, qui avait réclamé son aide d’urgence, vient d’être assassinée sous ses yeux à Munich dans le café où elle jouait du piano de jazz.

L’enquête de Sacha pour savoir la vérité sur tous les malheurs qui ont décimé sa famille, va le ramener à Moscou ; en passant par diverses villes d’Allemagne. Il comprend vite que les membres de sa famille ayant trouvé la mort, avaient juste avant déposé une demande officielle à Moscou au ministère de la sécurité intérieure pour réclamer que l’on recherche le Stradivarius…

Le cheminement de Sacha est cohérent, bien mené, et il n’y rien d’invraisemblable dans la solution de l’affaire (dans un polar c’’est assez rare pour être souligné…) en alternance nous suivons les destins d’Ilja au Goulag et de Galina et ses enfants en déportation. On plonge une fois de plus dans un récit qui nous mène au cœur du régime totalitaire stalinien et de ses horreurs.

Je n’ai pas fini ce livre mais pour l’instant je l’ai dévoré!