Les hirondelles

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Les hirondelles

Le long des fils télégraphiques

les hirondelles en habit

tiennent leur conciliabule d’automne.

Les froids sont venus, et le vent

maintenant tous les jours souffle du nord.

« Sacré pays, disent-elles, les petites hirondelles

serrées et pelotonnées sur leur fil,

il va falloir émigrer encore !

Adieu, chère vallée où les moustiques étaient si bons !

Quels bons repas de moucherons nous avons faits !

Quel bel été nous avons eu ! Comme nous avons bien ri !

bien crié, bien volé et virevolté dans ce ciel !

Comme elle était douce sa lumière, comme il était léger

l’air de Seine-et-Oise !

À présent, c’est fini, il nous faut partir ;

nous attraperions des rhumatismes dans ces brumes,

et pour vivre il nous faudrait voler si bas, au ras du sol comme les hommes !

Adieu, chers hôtes du hangar et de la grange,

adieu, cochons inoffensifs, et toi brave chien qui sait que nous ne sommes pas comestibles ;

adieu, vilain chat qui aurait tant voulu avoir des ailes

pour nous courir après dans l’azur et piller nos nids.

Adieu, le fermier et le fermière !

Ne démolissez pas nos nids de boue et de brindilles bien tressées.

Au revoir, pauvres amis ! nous penserons à vous en Égypte,

et nous reviendrons l’année prochaine.

N’ayez pas trop froid dans ce sale hiver. »

Émile Henriot

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Le temps des vacances

C’est le temps béni des vacances.
Le vent fait des noeuds d’hirondelles.
Le jour est rond comme une amande.
Tout le village sent le miel.
Le soleil a pendu sa lampe
Juste au-dessus des vaches blanches
Etonnées de n’avoir plus d’ombre,
Mais les prairies qui, près du bois,
Tremblent doucement sous leurs poids
N’ont jamais été si profondes.

Maurice Carême.

Et lorsque j’étais gamine, mes parents m’avaient appris cette chanson:

Gai, gai l’écolier c’est demain les vacances

Gai, gai l’écolier, c’est demain que j’partirai.

J’irais chez mon grand-père , Manger des pomm’ de terre

Des haricots pourris Mangés par les souris…

Mais je vous rassure je mangeais bien chez mes grands-parents!

Et il y avait :

 

La rose blanche

Contexte historique

Au cours du Troisième Reich, le régime nazi vise à endoctriner et encadrer la jeunesse allemande en créant des organisations réservées à celle-ci. Parmi ces organisations, on peut citer en particulier le Deutsches Jungvolk pour les 10-14 ans et les jeunesses hitlériennes pour les 14-18 ans. L’adhésion à ces organisations est obligatoire en Allemagne à partir de 1939. Inge Scholl, témoin privilégié de la résistance, car sœur aînée de l’un des fondateurs du mouvement, montre dans son livre la Rose Blanche la fascination que pouvaient générer ces communautés sur les jeunes Allemands :

« Autre chose nous séduisit, qui revêtait pour nous une puissance mystérieuse : la jeunesse défilant en rangs serrés, drapeaux flottants, au son des roulements de tambour et des chants. Cette communauté n’avait-elle pas quelque chose d’invincible ? »

Malgré un important mouvement d’exil dans les années 1930, des intellectuels antinazis continuent d’exprimer clandestinement leurs convictions sous le Troisième Reich. Dans le milieu universitaire, la survivance de l’esprit critique incite les étudiants à remettre en cause les principes autoritairement inculqués dans les organisations de jeunesse officielles. Tout en participant aux jeunesses hitlériennes, Hans et Sophie Scholl sont membres d’une autre organisation, la Bündische Jugend (de), interdite par le régime. À mesure que l’autoritarisme se renforce, les futurs membres de la Rose Blanche, venant en grande partie de la jeunesse étudiante de Munich, prennent conscience de la nécessité de réagir. Ils réfutent l’idée d’obéissance aveugle et mettent en avant la conscience morale des individus responsables. « Tout peut être sacrifié au plus grand bien de l’État, tout, sauf ce que l’État doit servir », peut-on lire dans le premier tract. La philosophie du mouvement se place résolument à l’opposé du nazisme en proclamant la primauté de l’être humain sur l’entité collective abstraite. Source wiki.

 

La Rose blanche est fondée au printemps 1942 dans un atelier de peinture de Munich, par Hans Scholl et Alexander Schmorell. Ce fut d’abord Hans Scholl qui prit l’initiative de distribuer des tracts dans leur lycée, sans prévenir ses compagnons, puis ils décidèrent d’agir en commun. Les jeunes étudiants refusent le totalitarisme sous la coupe duquel se trouve alors l’Allemagne du Troisième Reich et veulent sauvegarder leur indépendance face à la menace nazie. La majorité des étudiants sont catholiques, Alexandre Schmorell est orthodoxe. Hans Scholl a en particulier été inspiré par des sermons de Mgr Von Galen, évêque de Münster, qui s’est élevé contre les assassinats de malades mentaux (Aktion T4) et les atteintes faites à l’Église. Hans et Sophie Scholl, protestants, sont par ailleurs profondément croyants.

Ils discutent de la situation politique avec Kurt Huber, professeur à l’université de Munich, réputé pour ses cours de philosophie qui influencent beaucoup d’étudiants. Kurt Huber, d’abord opposé à l’idée de révolte envers un pays qu’il aime, finit par appuyer totalement ses élèves qui ont fondé la Rose blanche. Révoltés par la dictature hitlérienne et les souffrances causées par la guerre, les étudiants décident d’agir pendant l’été.

Je viens de lire la rose blanche d’Inge Aicher-Scholl puis j’ai regardé Mickey 3D qui en a fait une chanson avec une jolie vidéo et des images extraites du film « Le ballon rouge » d’Albert Lamorisse (1956) .https://youtu.be/9dLH5gO2DWs

Il y a un film SOPHIE SCHOLL LES DERNIERS JOURS  http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=59719.html

 

Jonquilles

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La terre a mis sur ses épaules rondes

Sa mantille d’abeilles

Il n’est pas un oiseau au monde

Qui ne parle avec le soleil.

On entend rire les fontaines

Sur leur lit de pommes de pin

Et mille rondes enfantines

Se nouer au bord des chemins

Déjà les jonquilles en fleur

Frissonnent dans les mains du vent.

il n’est pas de bonheur plus grand

Que d’écouter battre son coeur

Maurice Carême

 

Le violoniste /Mechtild Borrmann

Après un concert particulièrement applaudi, en 1948, dans la Russie stalinienne, Ilja Grencko est arrêté dans sa loge et conduit au siège du KGB (« la Loubianka »).

Un officier nommé Kourov l’accuse d’avoir préparé sa fuite à l’ouest. Ilja comprend vite que ce n’est qu’un prétexte, mais pourquoi l’emprisonne-t-on, il l’ignore. Le voilà parti pour le Goulag travailler dans une mine de charbon. On suppose  que c’est pour s’emparer de son violon (un Stradivarius très précieux) que le KGB est intervenu, mais qui est derrière tout cela, qui voulait sa chute et son violon?

Galina sa femme est déportée avec ses deux petits garçons au Kazakhstan, la famille est laminée. Ilja ne reverra jamais sa femme et ses enfants, qui auront bien du mal à s’en sortir.

Soixante ans plus tard, en 2008, il ne reste plus qu’un descendant Grencko : Sacha petit fils du violoniste, vit en Allemagne, à Cologne, et travaille pour le compte d’une société spécialisée dans les systèmes informatiques de sécurité pour la protection des particuliers, et d’espionnage de nature économique. L’émigration de sa famille ne leur a pas porté chance.

Ses parents sont morts dans un accident de voiture lorsqu’il était petit, son oncle a succombé à un accident lui aussi, et sa sœur Vika, qui avait réclamé son aide d’urgence, vient d’être assassinée sous ses yeux à Munich dans le café où elle jouait du piano de jazz.

L’enquête de Sacha pour savoir la vérité sur tous les malheurs qui ont décimé sa famille, va le ramener à Moscou ; en passant par diverses villes d’Allemagne. Il comprend vite que les membres de sa famille ayant trouvé la mort, avaient juste avant déposé une demande officielle à Moscou au ministère de la sécurité intérieure pour réclamer que l’on recherche le Stradivarius…

Le cheminement de Sacha est cohérent, bien mené, et il n’y rien d’invraisemblable dans la solution de l’affaire (dans un polar c’’est assez rare pour être souligné…) en alternance nous suivons les destins d’Ilja au Goulag et de Galina et ses enfants en déportation. On plonge une fois de plus dans un récit qui nous mène au cœur du régime totalitaire stalinien et de ses horreurs.

Je n’ai pas fini ce livre mais pour l’instant je l’ai dévoré!

 

La neige

Alfred de Vigny naquit en Touraine à Loches le 27 mars 1797.

Dès février 1799, accompagné de ses parents, Léon-Pierre de VIGNY (ancien militaire) et Marie-Jeanne née de Baraudin, il s’installe à Paris où il résidera à l’Élysée, ancien hôtel particulier reconverti à l’époque en appartements. À dix ans, il entre à l’Institution Hix ; fils unique après le décès de ses trois frères, sa confrontation avec les autres enfants lui fera déclarer : « Le temps le plus malheureux de ma vie, fut celui du collège », puis il fréquente le lycée Bonaparte (actuel lycée Condorcet). À seize ans il embrasse une carrière militaire (pour satisfaire l’ambition de ses parents) puisqu’il souhaitait préparer Polytechnique et commençait déjà à écrire des vers.

En 1918, est publié son premier poème : > Le Bal . Au mois de mars 1822 sort en librairie son premier recueil intitulé « Poèmes » qui passe inaperçu.

En 1823, il compose « La neige » :

« Qu’il est doux, qu’il est doux d’écouter des histoires,
Des histoires du temps passé,
Quand les branches d’arbres sont noires,
Quand la neige est épaisse et charge un sol glacé !
Quand seul dans un ciel pâle un peuplier s’élance,
Quand sous le manteau blanc qui vient de le cacher
L’immobile corbeau sur l’arbre se balance,
Comme la girouette au bout du long clocher !

(…) ».

(publié dans « Poèmes antiques et modernes ») J’ai mis juste la première strophe.

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Le matin des étrennes

 

Le matin des étrennes

Ah ! quel beau matin, que ce matin des étrennes !
Chacun , pendant la nuit, avait rêvé des siennes
Dans quel songe étrange où l’on voyait joujoux,
Bonbons habillés d’or, étincelants bijoux,
Tourbillonner, danser une danse sonore,
Puis fuir sous les rideaux,puis reparaître encore !
On s’éveillait matin, on se levait joyeux ,
La lèvre affriandée, en se frottant les yeux …
On allait, les cheveux emmêlés sur la tête,
Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête,
Et les petits pieds nus effleurant le plancher,
Aux portes des parents tout doucement toucher …
On entrait ! …puis alors les souhaits … en chemise,
Les baisers répétés, et la gaieté permise !

Arthur Rimbaud

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