Sting – I Can’t Stop Thinking About You

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Soirs d’automne

Voici que la tulipe et voilà que les roses,
Sous le geste massif des bronzes et des marbres,
Dans le Parc où l’Amour folâtre sous les arbres,
Chantent dans les longs soirs monotones et roses.
Dans les soirs a chanté la gaîté des parterres
Où danse un clair de lune en des poses obliques,
Et de grands souffles vont, lourds et mélancoliques,
Troubler le rêve blanc des oiseaux solitaires.
Voici que la tulipe et voilà que les roses
Et les lys cristallins, pourprés de crépuscule,
Rayonnent tristement au soleil qui recule,
Emportant la douleur des bêtes et des choses.
Et mon amour meurtri, comme une chair qui saigne,
Repose sa blessure et calme ses névroses.
Et voici que les lys, la tulipe et les roses
Pleurent les souvenirs où mon âme se baigne.
Emile Nelligan
Poésies complètes

 

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Alcest Autre temps

Une prière lointaine que porte le vent du soir
Anime les feuilles dans leur danse alanguie.
C’est le chant des vieux arbres entonné pour toi,
Pour ces bois obscurs maintenant endormis.
Sans nous attendre tant de saisons ont passé;
Les feuilles dorées s’en allant mourir à terre
Renaîtront un jour sous un ciel radieux,
Mais notre monde érodé restera le même
Et demain toi et moi serons partis.
——————

Léonard Cohen et moi

Léonard Cohen est décédé. Le chanteur canadien Leonard Cohen a légué un album testament hanté par la mort peu avant de s’éteindre. Le musicien, décédé à 82 ans, avait, en effet, sorti le 21 octobre son 14e album, « You Want It Darker ». La mort comme trame de l’album y dessine l’issue inexorable réservée au chanteur et rendue sans doute plus manifeste avec le décès en juillet de sa muse Marianne Ihlen, amoureuse devenue célèbre par le titre « So Long Marianne » (1967)

Et je repense à mes 15 ans … En vacances chez mon oncle et ma tante avec 4 cousins et surtout ma cousine nous écoutions Suzanne… Un copain jouait à la guitare.

Novembre généreux

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Novembre généreux

A mis de l’or sur les arbres

Des feuilles de pourpre et d’or

Des feuilles se raccrochent encore

Pour quelques instants

A l’abri chancelant.

De petits grêlons font plier les roseaux

Et trembler les petits oiseaux…

Le soleil darde ses rayons de lumière

A travers le chêne centenaire

Puis la pluie dénude pour finir

Les branches, c’est novembre

Le mois pas si tendre…

Johelle

 

Le poids du coeur / Rosa Montero

Bruna Husky, la réplicante de combat des Larmes sous la pluie, a du vague à l’âme, la brièveté de sa vie programmée l’angoisse. Nous sommes dans la première décennie du XXIIe siècle, précisément en 2109, et le gouvernement des Etats-Unis de la Terre a renoncé il y a des décennies à l’énergie nucléaire, le problème des déchets n’ayant jamais trouvé de solution vraiment viable. Ceux-ci ont été enterrés loin, très loin, en un lieu inconnu mais qui n’expose plus les humains. Pourquoi alors Gabi Orlov, la gamine russe dont Bruna s’est vue malgré elle confié la garde, a-t-elle visiblement été exposée à de fortes radiations, condamnant sa vie à une brièveté révoltante ? Pourquoi les informations la concernant sont-elles si vite et si systématiquement effacées de toutes les bases de données existantes ?  Sa nouvelle enquête l’embarque dans une sombre affaire de poubelles atomiques aux confins du monde connu, dans une zone où règne une guerre permanente.

Elle est accompagnée dans son aventure d’un “tripoteur” séduisant autant qu’inquiétant et d’une réplicante née de la même matrice industrielle qu’elle, son portrait craché. Cet alter ego plus jeune l’amène à s’interroger sur son humanité et son destin.

Ses vieux amis, Yiannis l’archiviste, qui change d’humeur au gré de sa pompe à endorphines, Bartolo le boubi glouton, le taciturne inspecteur Lizard sont toujours là pour lui sauver la mise. Bruna Husky est une survivante qui se débat entre l’indépendance totale et un besoin d’affection désespéré, un animal sauvage prisonnier de sa courte vie. Elle fait le décompte chaque jour: (3 ans, 10 mois et 14 jours au début du récit)

Rosa Montero construit des mondes extraordinaires, étranges et cohérents, avec une maestria de conteuse hors pair. Elle écrit tout à la fois un roman d’aventures politique et écologique, un thriller futuriste, une réflexion sur la création littéraire, une métaphore sur le poids de la vie et l’obscurité de la mort… et rappelle l’urgence de vivre et d’aimer quel que soit le monde qui nous est dévolu.

« Un univers fascinant, un personnage inoubliable. »                                  Culturamas

« La première dystopie noire du siècle, toujours plus prometteuse. »     El Mundo

 

L’auteure aborde des problèmes que l’on peut malheureusement déjà situer aujourd’hui, problème de la pollution, du nucléaire, du fanatisme religieux, de la cherté de certains soins de santé, de la cupidité humaine. La lecture est fluide et merci à la traductrice. Je me suis régalée…Ce livre était demandé au père Noël mais finalement la bibliothèque l’avait! Dommage ?  El Peso del corazón, traduit de l’espagnol par Myriam Chirousse, éd. Métailié, 356 p.,